Combien de temps pour prouver un avantage ?
La réponse tue la quasi-totalité des relevés qu'on te montrera. Elle se calcule en une ligne.
Mesuré chez nous — 891 trades pour prouver un avantage de 0,08 R — près de 4 ans. Un relevé de 3 mois exigerait un Sharpe de 4,0.
Voici le calcul qui tue la quasi-totalité des relevés qu'on te montrera. Il tient en une ligne, il ne juge personne, et il se refait en dix secondes.
La ligne
Un résultat est distinguable de la chance quand t = moyenne ÷ (écart-type ÷ √n) dépasse environ 2. En dessous, le chiffre observé est compatible avec une méthode sans aucun pouvoir.
Rien d'ésotérique : plus la performance est irrégulière, plus il faut d'observations pour la distinguer du bruit. Les résultats de trading sont extrêmement irréguliers — l'écart-type d'une distribution de R tourne autour de 1,2 R. C'est ça qui rend la barre si haute.
Combien de trades, exactement
| Avantage réel | Trades nécessaires | Durée à 20 trades/mois |
|---|---|---|
| +0,04 R | 3 305 | 13,8 ans |
| +0,08 R | 891 | 3,7 ans |
| +0,15 R | 287 | 1,2 an |
| +0,30 R | 92 | 5 mois |
Un avantage de 0,08 R est bon. Le prouver demande 891 trades, soit près de quatre ans. Un avantage de 0,04 R — réel, exploitable, meilleur que rien — demande près de quatorze ans.
C'est le fait central de tout ce module : prouver un avantage prend des années, pas des mois. Quiconque te montre soixante trades ne peut pas avoir démontré quoi que ce soit, quel que soit le résultat affiché et quelle que soit sa sincérité.
Et en Sharpe, puisque c'est ce qu'on affiche
Le même calcul s'écrit t = Sharpe × √années.
| Durée | Sharpe 0,5 | Sharpe 1,0 | Sharpe 1,5 | Sharpe 2,0 |
|---|---|---|---|---|
| 3 mois | 0,25 | 0,50 | 0,75 | 1,00 |
| 6 mois | 0,35 | 0,71 | 1,06 | 1,41 |
| 1 an | 0,50 | 1,00 | 1,50 | 2,00 |
| 2 ans | 0,71 | 1,41 | 2,12 | 2,83 |
| 4 ans | 1,00 | 2,00 | 3,00 | 4,00 |
Regarde la case vide en haut à droite : aucune combinaison de moins d'un an n'atteint t = 2, même avec un Sharpe de 2 — un niveau que très peu de gestionnaires professionnels soutiennent.
Pour qu'un relevé de six mois prouve quelque chose, il faudrait un Sharpe de 2,83. Pour trois mois, 4,0. Ces niveaux n'existent pas dans la durée. La conclusion est donc générale, pas circonstancielle : un relevé de moins d'un an ne peut rien prouver, et il n'y a pas d'exception à faire pour celui qu'on te montre.
Le seuil réel est encore plus haut
Tout ce qui précède suppose une seule tentative. Si la personne montre son meilleur compte parmi cinq, son meilleur mois parmi douze, ou sa meilleure stratégie parmi quarante, le seuil monte — parfois énormément.
C'est le problème du nombre d'essais, et il ne se voit jamais sur une capture d'écran. C'est aussi celui qui a produit notre propre résultat le plus dur : sur 40 536 backtests, les configurations du meilleur décile en apprentissage ont rendu −1,04 de Sharpe en échantillon de réserve.
Donc même un t confortable ne suffit pas. La question finale reste : combien de tentatives, et où sont les autres ?
Comment s'en servir
L'outil ci-dessous fait le calcul. Devant n'importe quel relevé, entre ce qui est annoncé et regarde le t. Ce n'est pas une arme contre les gens — c'est une façon de transformer « ça a l'air impressionnant » en un nombre qui répond oui ou non.
Et applique-le d'abord à toi-même. Tes trente derniers trades ne prouvent rien non plus. C'est le même calcul, et il ne fait de faveur à personne.
Est-ce que ce relevé prouve quelque chose ?
L'outil à sortir devant n'importe quelle capture d'écran. Il ne juge personne — il compte.
Pour qu'un R moyen de 0,25 soit distinguable de la chance, il faudrait 93 trades. Il en manque 33.
Avec un Sharpe de 2,0, il faudrait 12 mois pour atteindre t = 2. Un relevé de 3 mois exigerait un Sharpe de 4,0 — un niveau que personne ne soutient dans la durée.
Ce que l'outil ne peut pas corriger. Ce calcul suppose une seuletentative. Si la personne montre son meilleur compte parmi cinq, ou son meilleur mois parmi douze, le seuil réel est bien plus haut — c'est le problème du nombre d'essais, et il ne se voit jamais sur la capture d'écran.
Donc même un t confortable ne suffit pas. La bonne question reste : combien de tentatives, et où sont les autres ?
Contenu éducatif. Le trading comporte un risque significatif de perte en capital. Rien ici ne constitue un conseil financier ni une promesse de rendement.