Le parcours
Niveau 1 · Les fondationsLeçon 13 sur 74 10 min

Combien ça coûte vraiment

Spread, commission, financement overnight. Trois coûts distincts, et le troisième surprend tout le monde.

Mesuré chez nous — Nos tests appliquent 10 points de base par changement de position — l'hypothèse qui a tué 16 techniques sur 17.

Trois coûts distincts, et la plupart des débutants n'en connaissent qu'un. Le troisième est celui qui surprend.

1. Le spread

L'écart entre le prix d'achat et le prix de vente, vu au chapitre précédent. Tu le paies à chaque entrée, sans ligne sur ton relevé — il est incorporé dans ton prix d'exécution.

C'est le coût le plus discret et le plus fréquent. Sur une grande paire de devises, il paraît dérisoire. Multiplié par le nombre d'allers-retours d'une année, il ne l'est plus du tout.

2. La commission

Un montant explicite, facturé par transaction ou par volume. Contrairement au spread, il apparaît sur ton relevé, ce qui le rend paradoxalement moins dangereux : tu le vois.

Attention à la comparaison entre courtiers. Certains annoncent « zéro commission » et se rémunèrent par un spread élargi. Le coût total est ce qui compte, pas sa répartition entre les deux lignes.

3. Le financement overnight — celui qu'on ne voit pas venir

Si tu gardes une position à effet de levier ouverte après la clôture, tu paies — ou reçois — des intérêts sur la partie empruntée. Chaque nuit.

Sur les devises, ce montant dépend de l'écart de taux entre les deux monnaies de la paire : détenir la devise au taux le plus élevé peut te rapporter, l'inverse te coûte. Sur les actions à levier et le crypto, c'est presque toujours un coût.

Ça paraît négligeable sur une nuit. Sur une position tenue trois mois, ça peut représenter plusieurs pourcents — assez pour transformer un trade gagnant en trade neutre sans que le prix ait fait quoi que ce soit de mal.

Conséquence pratique : une méthode qui garde ses positions plusieurs semaines doit intégrer ce coût dès sa conception. L'ignorer, c'est mesurer une stratégie qui n'existe pas.

Le total, et pourquoi on est sévère avec

Dans toute notre recherche, nous appliquons 10 points de base par changement de position — un dixième de pourcent, comptant l'écart et la commission. C'est délibérément conservateur.

Ce seul choix a suffi à tuer seize des dix-sept techniques que nous avons mesurées. Plusieurs paraissaient excellentes à 2 points de base et s'effondraient à 10. L'une d'elles passait d'un ratio de Sharpe de 0,58 à −95 %, sans une seule année gagnante sur cinq.

Ces stratégies n'avaient pas d'avantage. Elles avaient une hypothèse de frais optimiste, et c'est très différent.

La règle à retenir

Le coût ne dépend presque pas de ton talent. Il dépend de combien de fois tu paies.

Une même idée jouée sur une échelle de temps plus longue paie ses frais bien moins souvent — et c'est fréquemment la seule différence entre une méthode viable et une méthode qui saigne lentement. Avant d'optimiser un signal, regarde combien de transactions il génère. Ce chiffre-là décide plus souvent que le signal lui-même.

Contenu éducatif. Le trading comporte un risque significatif de perte en capital. Rien ici ne constitue un conseil financier ni une promesse de rendement.