Passer un ordre : marché, limite, stop
Les trois ordres qui couvrent 95 % des cas. Place-les toi-même dans le carnet et vois ce qui se passe.
Tu ne « prends pas une position ». Tu envoies un ordre, et cet ordre va chercher une contrepartie dans le carnet. La façon dont il la cherche change tout — le prix que tu obtiens, et si tu obtiens quelque chose.
Trois types couvrent l'immense majorité des cas.
L'ordre au marché : « je veux, maintenant »
Tu dis : achète, tout de suite, au prix qu'il faut. Le remplissage est garanti, le prix ne l'est pas.
Ton ordre prend le meilleur vendeur disponible. S'il n'y en a pas assez à ce niveau, il prend le suivant, puis le suivant. Chaque niveau franchi te coûte un peu plus cher : c'est le glissement.
Sur un gros marché calme, l'effet est négligeable. Sur un marché mince, ou pendant une annonce, ton ordre peut traverser plusieurs niveaux et te remplir sensiblement plus loin que le prix affiché à l'écran une seconde plus tôt.
L'ordre limite : « à ce prix, ou rien »
Tu fixes un prix maximum. Le prix est garanti, le remplissage ne l'est pas.
Si ta limite est sous le meilleur vendeur, ton ordre rejoint la file des acheteurs et attend. Un vendeur devra descendre jusqu'à toi. En échange de cette attente, tu ne paies pas le spread — tu es de l'autre côté de l'écart, celui qui l'encaisse.
Le prix à payer : tu peux attendre indéfiniment, et si le mouvement part sans toi, tu n'as rien. C'est un arbitrage direct entre certitude d'être dedans et qualité du prix.
L'ordre stop : le piège qu'on n'explique jamais
Un stop dort jusqu'à ce que le prix l'atteigne. À ce moment précis, il se transforme en ordre au marché.
Relis cette phrase, parce que c'est là que ça coûte cher.
Un stop ne garantit pas ton prix. Il garantit une sortie. Quand il se déclenche, il part chercher une contrepartie exactement comme un ordre au marché — et le moment où un stop se déclenche est précisément celui où les niveaux proches viennent d'être vidés.
Résultat : dans un mouvement violent, tu sors plus loin que ton stop. Parfois beaucoup plus loin. On appelle ça un gap, et c'est la raison pour laquelle on dimensionne toujours sa position en supposant que le stop sera moins bon que prévu. Un stop à 1 % du prix ne veut pas dire « je risque 1 % » : il veut dire « je risque environ 1 %, et davantage le jour où ça compte ».
Deux variantes à connaître
Le stop limite combine les deux : au déclenchement, il devient un ordre limite plutôt qu'un ordre au marché. Tu récupères la garantie de prix — mais tu perds la garantie de sortie. Si le marché traverse ta zone sans s'arrêter, tu restes dans la position pendant qu'elle continue contre toi. C'est en général le pire des deux mondes pour un stop de protection.
Le stop suiveur se déplace automatiquement avec le prix, dans le sens favorable seulement. Utile pour laisser courir un gain sans avoir à décider en direct — ce qui, comme on l'a vu dans le module psychologie, est exactement le moment où ton jugement est le moins fiable.
Quoi utiliser, en pratique
- Entrée sur un niveau précis — limite. Tu as choisi ton prix d'avance, tu n'as aucune raison de payer le spread pour entrer immédiatement.
- Sortie de protection — stop au marché. Ici, sortir compte plus qu'obtenir un bon prix.
- Urgence réelle — au marché, en sachant ce que ça coûte.
- Marché mince ou annonce imminente — évite l'ordre au marché. C'est exactement là que le glissement est maximal.
Essaie avant de lire la suite
Le carnet ci-dessous fonctionne comme un vrai. Envoie un ordre au marché avec une petite taille, puis recommence avec une grosse : tu verras ton ordre manger plusieurs niveaux et ton prix moyen se dégrader. Place ensuite une limite sous le marché et constate qu'il ne se passe rien.
Ces trois essais te feront comprendre en deux minutes ce qu'un texte met une page à expliquer mal.
Passe un ordre
Un vrai carnet. Choisis ton type d'ordre et regarde ce qu'il fait.
Contenu éducatif. Le trading comporte un risque significatif de perte en capital. Rien ici ne constitue un conseil financier ni une promesse de rendement.