Le drawdown
La question n'est pas « quel rendement ? » mais « peux-tu vivre le pire creux ? »
Mesuré chez nous — Sur notre vente de volatilité couverte : pire creux mesuré −11,18 %, jamais sous −20 % en 65 périodes.
Le drawdown, c'est la chute depuis un sommet. Ton compte monte à 12 000 $, redescend à 9 600 $ : tu es en drawdown de 20 %. Tant que tu n'as pas repasse 12 000 $, tu es dedans.
C'est la mesure la plus importante du métier, et celle que personne ne regarde avant d'en avoir besoin. La question qui compte n'est jamais « quel rendement ? » mais « quel creux es-tu capable de traverser sans changer de comportement ? »
L'asymétrie, qui n'est pas intuitive
Perdre et regagner ne sont pas symétriques, parce qu'on regagne sur une base plus petite.
| Perte subie | Gain nécessaire pour revenir |
|---|---|
| 10 % | 11,1 % |
| 20 % | 25 % |
| 33 % | 50 % |
| 50 % | 100 % |
| 75 % | 300 % |
| 90 % | 900 % |
Lis la dernière ligne lentement. Après une perte de 90 %, il te faut multiplier ton capital par dix juste pour revenir au point de départ. C'est pour ça qu'on parle de survie et pas de performance : au-delà d'un certain creux, le retour n'est plus une question de temps, c'est une question de miracle.
C'est aussi ce qui rend une grosse perte différente en nature, et pas seulement en degré, d'une petite. Dix pertes de 5 % laissent 59,9 % du capital ; une perte de 40 % laisse 60 %. Presque identique. Mais dix pertes de 5 % se traversent, une chute de 40 % en une fois casse quelque chose.
Le drawdown maximal est un chiffre du passe
Voici le piège le plus courant. Quand une stratégie affiche « drawdown maximal : 12 % », ça veut dire : sur la période observée, le pire creux rencontre à été de 12 %. Ça ne veut pas dire que 12 % est un plafond.
C'est une statistique d'échantillon, comme un record de température. « Il n'a jamais fait plus de 38 degrés ici » ne dit rien sur ce que fera l'été prochain — ça dit combien d'étés on a observés. Plus l'historique est court, plus le drawdown maximal est optimiste, mécaniquement : on n'a simplement pas encore vu le mauvais scénario.
La règle de terrain, et elle est sévère : attends-toi à un creux futur au moins 1,5 fois pire que le pire observe, et demande-toi si tu tiens à ce niveau-la. Si la réponse est non, tu es déjà trop gros.
Notre propre chiffre, et pourquoi il vaut quelque chose
Sur la seule stratégie qui a survécu à nos tests — une vente de volatilité couverte — le pire creux mesure est de 11,18 %, et la position n'est jamais descendue sous 20 % sur 65 périodes disjointes.
Deux mots comptent dans cette phrase. Disjointes : les périodes ne se chevauchent pas, donc les 65 observations sont réellement 65 observations et non la même chose comptée 65 fois. C'est une erreur qu'on a faite ailleurs et qui gonfle artificiellement toute mesure de fiabilité. Et mesure : ce n'est pas une limite qu'on s'est fixée, c'est ce que les données ont produit.
Même comme ça, ce 11,18 % n'est pas une promesse. C'est le pire de 65 tirages. Le 66e n'a aucune obligation de rester poli.
Le drawdown est un événement psychologique
Les chiffres ci-dessus sont la partie facile. Ce qui casse les gens, ce n'est pas la profondeur du creux, c'est sa durée. Une stratégie parfaitement saine peut passer huit mois sous son sommet. Pendant ces huit mois, il n'existe aucune information interne qui permette de distinguer « creux normal » de « la méthode ne marche plus » — et c'est précisément pendant cette période qu'on décide de tout changer.
La seule protection est d'avoir écrit, avant, ce qui constituerait la preuve que la méthode est morte : un seuil chiffre, un nombre d'opérations minimal, une date. Sans ce document, la décision se prendra sur l'humeur du moment, et l'humeur du moment se trompe systématiquement dans le même sens.
Contenu éducatif. Le trading comporte un risque significatif de perte en capital. Rien ici ne constitue un conseil financier ni une promesse de rendement.